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Levier économique

bâtiment INR

Ancien bâtiment de l’INR à Ixelles
J. Diongre, 1933-1939.
Classé en 1995.
© CRMS - Photos Ph. De Gobert.

Rentabilité à long terme

Etymologiquement parlant, économie signifie épargne de ressources limitées. Dans le contexte actuel, une politique économique est souvent comprise comme la recherche d’une rentabilité maximale à court terme, influencée par des phénomènes de mode et la création d’une demande parfois artificielle.

Transposée dans le domaine du patrimoine, la mise en pratique d’une politique économique ne peut cependant reposer sur une simple balance chiffrée (dans ce cas très réductrice) entre coûts et profits locaux et immédiats. Dans cet ordre d’idées, la réflexion menée au niveau international sur le thème de l’économie et du patrimoine met l’accent sur les critères tant de qualité que de rentabilité sur le long terme propres à cette matière : une amélioration générale du cadre de vie, des perspectives en matière de formation et d’emploi, le renforcement de l’identité culturelle et de l’attrait touristique – ainsi que, bien entendu, un rôle essentiel sur le plan du développement durable. Si elle soutient cette vision des choses, la Commission observe cependant que, dans la pratique actuelle, la rentabilité financière à court terme domine le plus souvent les débats, en particulier en ce qui concerne la réutilisation et la réaffectation du patrimoine.

Réutilisation

La réutilisation d’un patrimoine ayant perdu sa fonction d’origine et son adaptation à de nouvelles activités constituent les meilleurs garants de sa survie. Cette reconversion ne peut toutefois s’effectuer au détriment des qualités du patrimoine même. Le programme doit donc toujours s’adapter tant aux potentialités et caractéristiques essentielles de la construction qu’à une utilisation spatiale respectueuse de sa logique constructive originelle, en ce compris sa distribution. Il faut cependant constater que, plus longtemps les bâtiments sont désaffectés, plus forte sera la pression pour y mener des travaux particulièrement radicaux. Trop souvent, la perspective d’un rendement immédiat, identique à celui d’une construction neuve, est alors attendu. Cependant, un tel rendement s’avère difficilement compatible avec une bonne conservation ; il tend à reléguer au second plan les préoccupations d’ordre patrimonial alors que celles-ci devraient constituer l’objectif principal de l’intervention. C’est pour inverser cette tendance que des subsides sont octroyés par la Région bruxelloise, couvrant 40 à 80 % du montant total des travaux de restauration. Ils représentent une indemnisation à la hauteur de l’effort fourni pour rechercher des solutions respectueuses du patrimoine, donc adaptées à celui-ci.

Le patrimoine ferment d'avenir

Les initiatives locales dans le domaine de la conservation et de la restauration du patrimoine entraînent visiblement des effets positifs, directs ou indirects, sur la dynamique d’un quartier. Mais, audelà de ces effets locaux, le rôle joué par le patrimoine dans l’économie urbaine globale est essentiel et largement sous-estimé. Outre les emplois qu’il génère dans le secteur des métiers à très haute valeur ajoutée comme ceux de la restauration, de la recherche universitaire et de la mise au point de technologies de pointe, le renforcement identitaire qu’il produit est source de cohésion sociale, d’attrait, d’investissement et de redéploiement économique. Les quartiers les plus pauvres ne sont pas exempts de cet atout, au contraire. Leurs qualités urbaines et le rôle structurant joué notamment par leur patrimoine industriel, leurs cités de logement ou leurs espaces publics les désignent comme des maillons forts d’une réflexion originale et prospective menée aujourd’hui efficacement dans d’autres régions et d’autres pays d’Europe. Pour emboîter ce pas, il est sans doute nécessaire d’opérer un retournement dans les mentalités, et de considérer le patrimoine non plus comme un frein coûteux, mais comme un ferment d’avenir, un levier exceptionnel pour toute politique de redynamisation de la ville. Le rôle décisif que tous les acteurs de la ville ont à jouer en ce domaine constitue un réel défi pour les années à venir.

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