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La conservation des châssis dans les constructions anciennes

Cité-jardin Diongre

Cité-jardin Diongre à Molenbeek Saint-Jean, J. Diongre, 1925. A gauche les menuiseries extérieures ont été remplacées par des modèles en PVC, à droite les menuiseries d’origine ont été conservées
© CRMS - Photo Ph. De Gobert.

Appliquées sans discernement, les recommandations actuelles en matière d’isolation thermique et d’économie d’énergie peuvent entrer en opposition avec la conservation du bâti ancien. C’est le cas, par exemple, du remplacement systématique des châssis à simple vitrage par des éléments neufs, à double vitrage, le plus souvent en matériaux synthétiques.

De manière générale, deux considérations plaident en faveur de leur conservation. L’une est relative à l’intérêt historique, artistique ou esthétique des châssis, soit à leur valeur patrimoniale. L’autre, relative à l’hygiène de la construction (donc à la conservation du bâti), porte sur des aspects techniques et hygrométriques.

La valeur patrimoniale L’intérêt historique, artistique et esthétique de certains châssis ou, plus simplement, leurs caractéristiques techniques (qualité des matériaux, mise en oeuvre) constituent des éléments qualitatifs importants qu’il est quasiment impossible de reproduire avec exactitude aujourd’hui. L’histoire de l’architecture a produit une variété exceptionnelle de modèles et de profils de châssis, directement inscrite dans le programme décoratif global des façades – les moments les plus privilégiés étant l’éclectisme, l’Art nouveau, l’Art déco et le modernisme, caractérisés par des éléments extrêmement sophistiqués, incluant divisions décoratives allusives ou vitraux. Un sérieux diagnostic s’impose donc avant l’éventuel remplacement de tels éléments participant à la composition de la façade.

Dans l’ordre, on privilégiera l’entretien, la restauration, puis le remplacement ponctuel de certaines pièces abîmées avant de se résoudre au renouvellement: le renouvellement à l’identique sera considéré comme l’ultime moyen de préserver l’aspect des châssis d’origine. Cette opération s’avère non seulement difficile et coûteuse, mais l’aspect intérieur des nouveaux châssis demeure le plus souvent très peu satisfaisant.

châssis 1 châssis 2

Hygiène de la construction

La quantité d’eau produite quotidiennement par deux personnes oscille aux alentours de 5,5 litres. Son évacuation se révèle nécessaire pour le bien-être de leur santé et celui de la construction. La ventilation et la condensation jouent un rôle important dans ce processus. Dans le bâti ancien (jusque vers 1970), les châssis qui n’étaient pas rigoureusement étanches assuraient la ventilation et le simple vitrage fonctionnait comme paroi froide, recueillant l’eau de condensation ensuite rejetée vers l’extérieur. Le remplacement du simple vitrage par du double vitrage (à isolation thermique), induit un report de condensation sur les parois froides (mur de façade, toiture, sol) où elle peut développer humidité et champignons et ainsi nuire à la construction. Le risque de condensation est aisément vérifiable en procédant au calcul précis du pouvoir isolant des parois concernées. La logique constructive de ces bâtiments peut ainsi s’en trouver complètement perturbée. Quant à l’humidité accrue des espaces habités, elle nuira au confort et portera atteinte à la santé des occupants. En revanche, le confort du bâti ancien peut être amélioré de manière très significative en vérifiant simplement l’étanchéité des châssis et en plaçant une tenture : ce dispositif optimalise la déshumidification en favorisant la condensation.

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